mercredi 4 janvier 2012

L'ornement, haute valeur culturelle


On ne peut pas nier le fait que l'artisan n'ai pas de phase expérimentale. La matière et ses savoirs faire constituent une vraie force de travail avec lequel il évolue. En analysant le travail d'Arca, j'ai remarqué que les deux créateurs ne se satisfaisaient jamais d'une seule et unique expérimentation qu'ils essaieraient d'épuiser. Ils conçoivent et produisent dans un système commun à tous, où les questions économiques sont primordiales. Ils rebondissent ainsi entre des projets ambitieux et d'autres plus modestes qui leur permet de développer des techniques de toutes sortes, du subterfuge pour gagner en temps à la découverte pour gagner en reconnaissance et créativité. Encore une fois, les nouvelles technologies sont au centre d'un système artisan/utilisateur. Le prototypage rapide se démocratisant de plus en plus, l'expérimentation est au coeur des travaux des créateurs parce qu'ils se retrouvent très vite avec un volume entre les mains qui leur permet de valider rapidement une approche à l'objet donc de proposer de manière accélérée des moyens d'agir, de sentir, d'utiliser. Pour l'artisan ces machines génèrent à souhait la mise en place de nouvelles formes, où la surface prend un rôle de plus en plus important, du fait d'une précision propre à la machine.
Je pense que le rôle de la surface, de l'ornement ou de la décoration qui s'appliquent à l'objet sont fondamentaux puisqu'ils permettent depuis toujours de toucher un marché stable. Rappelons qu'économiquement, l'artisan produit des objets pour un petit nombre, avec une haute valeur culturelle. Historiquement l'ornement est un signe de reconnaissance. Il permet d'élever l'objet à un certain statut, de l'insérer dans un contexte et une culture. « La décoration comme système de signes, de symboles ou de frises, à appliquer sur l'objet ou sur la structure architecturale, devient une sorte de code qui permet également de différencier l'objet, ou le lieu culturel, des simples structures statiques ou des constructions. La décoration témoigne d'une liberté d'invention, elle est le signe de la haute valeur morale et sociale du travail humain ; elle trace sur les surfaces un fin réseau de références symboliques, de connotations et de citations. » (1)
Cela, l'artisan le conçoit toujours. Je dirai que l'artisan utilise les nouvelles technologies pour développer son langage formel et toucher un marché stable dont il a accès.

L'artisan utilise et expérimente avec les nouvelles technologies. Pour des raisons économiques, il développe des qualités de surfaces qui permettent à ses objets de s'insérer dans un marché stable. 

Le designer, intégré à une production plus sérielle, utiliserait les mêmes procédés davantage pour partager et ainsi améliorer les possibilités de réalisations et d'expérimentation avec ces nouvelles technologie. Le designer essaie ainsi avec cette démocratisation des nouvelles technologies de concevoir, avec les qualités de la machine et de l'artisan, de manière à proposer du traditionnel pour un public conséquent. Le designer n'est pas un entre deux, entre l'artisanat et l'industrie, mais bien un tremplin qui utilise pleinement la force productive de l'industrie pour partager et valoriser les valeurs traditionnelles de l'artisan.

1. Andrea Branzi, La Casa Calda.

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