dimanche 11 décembre 2011

L'utilisation des nouvelles technologies

Les premières interrogations émergent de la pertinence de développer la technique du bois gonflable. Elle est onéreuse en temps, en matériaux, la mise en œuvre étant délicate, elle provoque beaucoup de défauts donc des déchets. Le résultat qui en découle est donc cher. Ce prix est justifié par la minutie, mais de tels détails ne sont souvent perçu que par des professionnels eux-mêmes, qui n'ont pas les moyens de s'offrir ce type de réalisation.
Qu'est-ce qui pousse Arca à poursuivre ces recherches autour du bois gonflable. Je pense qu'il est économiquement judicieux d'y réfléchir. Ce principe de bois gonflable est difficile à mettre en forme et n'est pas rentable. Est-il possible de développer des travaux menés d'abord dans le cadre scolaire ? Il y a peut-être des limites à cette technique, au delà des limites liées aux contraintes techniques, purement commerciales. [Ce sont de pures hypothèses, mais elles me permettent d'ouvrir la réflexion qui suit.]
Quelles sont les motivations de poursuite ?
Et c'est à ce stade que j'aimerai réfléchir au rapport entre la pratique manuelle et le prototypage rapide. On sait que le bois gonflable est réalisable « manuellement », mais l'aide du cutter laser simplifie énormément la tâche. Dans cette optique, pourrait-on trouver d'autres moyen de rendre la mise en place de l'airwood plus rapide, donc moins chère ?
Ces questions liées aux nouvelles technologies n'interviennent que dans un sens. On sent qu'on a un problème de conception, on manque de précision, de temps, donc on délègue le travail à la machine. On peut déjà dire que les simples scies à ruban, scies circulaires, raboteuses... permettent ces raccourcis. Ces technologies ont indéniablement permis de faire un bond dans la création. A partir du moment où la machine n'intervient plus comme fin, on sait qu'on est capable, non pas de plus, mais de réalisations différentes. L'impression 3D par exemple permet de réaliser des assemblages et liaisons mécaniques autrefois impossibles. Les nouvelles technologies employées par Arca (stéréolythographie, fraisage 5 axes, découpe laser...) interviennent-elles comme fin ou comme moyen ? [A ce stade, je ne connais pas assez leur travail pour savoir si les nouvelles technologies apportent quelque-chose autre que du gain de temps et de la précision. De nouvelles rencontres sont prévues pour continuer ma réflexion.]
Je ne cherche absolument pas à défendre une pratique de ces nouvelles technologies, je cherche à comprendre les intérêts de les considérer comme moyen ou comme fin.
Encore une fois, c'est peut-être simplement des questions économiques et pratiques qui guident les choix. Arca loue l'utilisation des machines de prototypage rapide, le temps d'appropriation, d'expérience avec ces outils doit être limité !
Je me pose ces questions d'utilisation des nouvelles technologies, parce qu'elles sont peut-être caractéristiques du travail du designer. Au fond, si on ne considère que la phase de réalisation et de prototypage, le travail de l'artisan, du prototypiste, du maquettiste et du designer est proche. [Il y a un article d'Andrea Branzi sur le Nouvel Artisan qu'il faudrait que j'analyse pour apporter de la matière au sujet] Le designer est d'ailleurs bien souvent moins compétent dans cette phase de création. Il n'a que peu de maîtrise de l'outil, d'un savoir faire... Là où le designer trouve place et se démarque serait plus dans une phase d'expérimentation, où il décortique la complexité d'un système, en épuise les possibilités, énumère des problèmes... Je pense que le designer voit un sujet comme, au départ, un problème complexe (sûrement parce qu'il n'est expert en rien). De ce fait l'objet de ce problème n'est, en amont,  absolument pas défini ce qui va permettre de créer des rencontres pleines de naïveté et donc de faire émerger des possibilités nouvelles.
Le designer ne peut se résoudre à imprimer, fraiser... pour gagner du temps ou pour pallier la non maîtrise d'un outil. Je crois qu'il essaie de jouer des qualités et défauts du numérique pour mettre en œuvre peut-être un process avant de mettre en œuvre un projet. 
Il y a de ça à l'Ensci, parce que globalement on est assez peu limité dans l'emploi des matériaux et des techniques, dès lors on se donne la possibilité de faire autre.
[Arca pourrait m'apporter beaucoup dans ce raisonnement, savoir ce qu'il pense du travail du designer, du rôle des nouvelles technologies dans la conception...]

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire